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Allotissement des marchés publics : l’atout des TPE et PME

Deuxième épisode vidéo : sur une école découpée en 12 lots, 10 petites entreprises locales ont été retenues. C’est l’allotissement, et c’est pour ça que les marchés publics sont à ta portée.

Publié le 19 juin 20266 min de lecture
1 marché

Deuxième épisode de notre format vidéo sur les marchés publics. Le premier posait les bases ; ici, on rentre dans le concret avec la question qui revient le plus : si tu diriges une TPE ou une PME et que tu veux diversifier tes revenus, pourquoi répondre aux marchés publics ? La réponse la plus parlante tient en un mot, l’allotissement. Si tu préfères lire, le résumé est juste sous la vidéo.

C’est quoi un marché public

Un marché public, c’est simplement un contrat entre un organisme public et une entreprise privée. En France, ça représente environ 200 milliards d’euros par an, à peu près 200 000 marchés, et plus de 60 % sont attribués à des TPE et des PME. Ce n’est donc pas un terrain réservé aux grands groupes, bien au contraire.

La vraie raison : l’allotissement

Prenons un marché récent sur lequel on a travaillé : la construction d’une école. Pour ce chantier, la collectivité n’a pas fait appel à une entreprise générale ni à un grand groupe. Elle a découpé le marché en douze lots distincts, un par corps de métier : terrassements, VRD, gros œuvre, charpente, couverture, enduit, menuiseries extérieures, plâtrerie, menuiseries intérieures, revêtement de sol, peinture, et ainsi de suite.

Pourquoi ce découpage ? Parce que la loi oblige l’acheteur à diviser un gros marché en lots séparés dès qu’il regroupe des corps de métier différents, justement pour favoriser les petites entreprises. C’est ce qu’on appelle le principe de l’allotissement. Chaque lot devient un contrat à part entière, avec sa propre mise en concurrence et sa propre attribution.

C’est tout l’intérêt pour toi : tu ne réponds qu’au lot qui correspond à ton métier. Le peintre vise le lot peinture, le plombier le lot chauffage, le paysagiste les abords. Tu te mesures à des entreprises de ta taille sur ton lot, pas à un major sur l’ensemble du chantier. Ne juge donc jamais un marché à son montant total : un chantier qui a l’air « trop gros » cache souvent un lot parfaitement à ta portée.

Des procédures simplifiées pour les petits marchés

Deuxième bonne raison : plus le marché est accessible, plus la procédure est légère. Il existe trois grandes familles.

  • Le gré à gré (marché direct). L’acheteur contacte directement une ou deux entreprises pour une demande urgente ou spécifique. Pour en profiter, il faut qu’il te connaisse déjà, qu’il t’ait dans sa base.
  • La procédure adaptée (MAPA). Le terrain de jeu principal des TPE et PME. Publicité préalable, mais souplesse dans la forme.
  • La procédure formalisée. Les marchés plus gros, plus encadrés. Si tu débutes, tu te concentres sur les deux premières familles.

Côté dossier, rien d’insurmontable. Sur un marché direct, l’acheteur demande en général un devis détaillé et quelques pièces administratives (l’assurance décennale s’il s’agit de travaux). Sur un MAPA, tu ajoutes tes documents fiscaux et sociaux (derniers bilans, attestation URSSAF, assurances), le DUME qui remplace les formulaires DC1 et DC2 et se remplit en ligne, tes références et capacités, tes moyens humains et matériels, un mémoire technique (ta façon de réaliser la prestation) et ton offre de prix. Ce sont des pièces que tu as déjà pour l’essentiel : c’est surtout une question d’organisation.

Où trouver les marchés

Deux solutions, et elles se complètent.

  • Les plateformes des acheteurs, en direct. C’est gratuit. L’inconvénient, c’est l’éparpillement : selon ta zone, les acheteurs publient sur plusieurs plateformes différentes. À toi de les retrouver, de t’inscrire partout, et d’aller vérifier chaque jour.
  • Une plateforme de veille automatisée. Tout est centralisé au même endroit. Tu gagnes du temps avec un ciblage précis, un tri intelligent par score, la veille concurrentielle, et surtout l’analyse Go / No-Go pour décider vite si un marché vaut le coup. Utile quand on sait qu’il sort entre 500 et 800 marchés par jour (un peu moins l’été).

Te faire connaître des acheteurs

Dernier levier, et c’est celui qu’on prône le plus : ne reste pas à attendre les avis, va te présenter. Une fois que tu as décidé de te lancer, prépare un dossier de présentation, papier et numérique, et transmets-le aux acheteurs de ta zone. Ça leur permet de t’enregistrer dans leur base : le jour où ils ont une demande urgente ou une petite enveloppe, ils savent qui tu es et te contactent directement. Tu peux passer par ta CCI, ou te faire accompagner pour identifier les bons acheteurs et construire ce dossier.

C’est tout pour ce deuxième épisode. Dans le prochain, on répondra à la question la plus importante : comment se préparer à répondre aux marchés publics. En attendant, si tu gères une TPE ou une PME, le plus simple est de définir ton profil et recevoir chaque jour les marchés qui te correspondent, lot par lot. Quand un dossier te plaît, on t’accompagne sur tes premières réponses, puis on te forme pour gagner en autonomie.

Questions fréquentes

C’est quoi l’allotissement d’un marché public ?
L’allotissement, c’est le découpage d’un marché en lots séparés, un par nature de prestation. Chaque lot est un contrat à part entière, avec sa propre mise en concurrence et sa propre attribution. Une entreprise répond uniquement au lot qui correspond à son métier, sans avoir à exécuter l’ensemble du marché.
L’acheteur public est-il obligé d’allotir ?
Oui, c’est le principe par défaut du code de la commande publique : un marché qui peut être divisé en prestations distinctes doit l’être, pour faciliter l’accès des PME. L’acheteur peut choisir un marché global dans certains cas (coordination impossible, exécution techniquement difficile ou plus coûteuse), mais il doit alors motiver ce choix par écrit.
Peut-on répondre à un seul lot ?
Oui. Tu peux candidater sur un seul lot, sur plusieurs, ou sur tous, selon ce que tu sais exécuter. L’acheteur a toutefois le droit de limiter le nombre de lots qu’une même entreprise peut remporter, afin de ne pas concentrer le marché. Cette limite figure dans le règlement de consultation.
Que faire si un marché n’est pas alloti et me dépasse seul ?
Deux options : la cotraitance, où tu réponds en groupement avec des confrères aux compétences complémentaires et vous portez l’offre ensemble ; ou la sous-traitance, où tu te positionnes auprès de l’entreprise qui décroche le marché global pour récupérer la part qui correspond à ton métier.

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